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Je hais les couples. Je hais les gens amoureux. Je hais les gens heureux. Non, c'est faux, je n'en suis pas là. Je me dis juste que l'amour, c'est pas pour moi. J'suis trop sentimentale, j'ai le coeur encore trop accroché. J'me rends compte que je rêve toujours. J'me donne des claques à mon réveil, pour me sortir de cette torpeur masochiste, & je prie pour que mon cerveau comprenne. Putain, mais ta gueule avec tes vieux espoirs de merde. J'ai beau me le répéter tous les jours, le prince charmant se pointe chaque nuit. Bordel. J'ai l'impression que mon coeur ne suit pas le reste. Tout fonctionne sauf le moteur principal, qui s'entête à suivre son propre chemin. Destructeur. L'ensemble en subit les conséquences, & je n'ai qu'une envie : me l'arracher ce coeur. L'amour, j'en veux plus. J'en veux plus parce que j'ai encore mal, parce que les traces demeurent omniprésentes, & que l'attente se fait longue ces jours-ci. J'me sens comme hantée, & je sais que je n'arrive pas à me pardonner. Je n'arrive pas à me débarrasser de mes regrets, de mon regret, le seul & unique. Bâtard. Je ne savais pas. Je ne savais pas qu'on pouvait s'en vouloir à ce point, se ronger, s'élimer l'esprit, s'effriter les parois de la cervelle, se noyer au fond d'un verre rempli du liquide de ses propres accusations. Maintenant, je sais. C'est comme si j'avais tout compris d'un coup, la vie, la terre, nous, vous. On est tous similaires, tous aussi cons les uns que les autres, abrutis et totalement décérébrés. Notre existence ne se résume qu'à métro, boulot, dodo, sortir de temps en temps, boire & fumer, baiser 3 fois par semaine, un cinéma le samedi soir, puis la boucle est bouclée. On est content, on aime, on a une vie sociale, on bouffe comme des porcs. De vrais Sims. On se bat tous pour les mêmes conneries, on cherche l'amour, on ne le trouve pas. Alors, on renonce. On tombe de haut. On essaye ailleurs, mais rien ne va plus. On se ment, on se fourvoie, on se trompe soi-même pour protester contre les plans de la vie, sauf que finalement, c'est toujours elle qui gagne. Je ne sais pas ce que je raconte, ni où ça va me mener. Enfin peu importe, personne ne lira ça. & je m'en fous. J'aimerais me foutre de tout, ne plus rien prendre au 1er degré, savoir relativiser, & surtout, savoir pardonner. J'écoute Radiohead. Merci de m'avoir fait découvrir ce groupe. Radiohead, c'est la seule chose qui vaille la peine de tenir le coup, c'est la seule chose que j'pourrais écouter sans jamais me lasser, parce que ça représente tellement. Un nombre incalculable d'émotions par seconde. Une sensation de voler, de palper les notes, la mélodie. La sensation d'arriver à l'extrême limite où la musique dépasse la réalité. De toute façon, je ne lâcherai rien. Je vais me battre pour tourner la page. Je peux le faire, j'en suis sûre. Au prix d'un flot de larmes quotidien. Rien d'autre n'a jamais su autant me soulager. Pleurer, c'est moche, c'est con, mais j'ai l'impression d'évacuer doucement la douleur qui m'habite. J'ai accepté le contrat : je souffre, je pleure pour aller mieux. Ainsi va mon organisme.

& I'm not here. This isn't happening.

J'aimerais tellement... Je ne devrais pas l'écrire ici, mais personne ne lira ça non plus. J'aurais tellement aimé savoir ... si je n'étais pas partie, tu vois ? C'est ridicule, parce que tu ne m'aimes plus, & parce que ça ne serait jamais plus possible, mais je me demande. Je me demande où on en serait aujourd'hui. Est-ce que tu arriverais à me regarder dans les yeux ? Je te dégoute tellement ou je te suis tellement indifférente que tu as décidé d'éviter de me regarder. C'est simplement triste, pour moi du moins. Toi, tu t'en fous. & tu as bien raison. J'aimerais tellement revenir deux années en arrière.

Faut que j'arrête, hein.
J'arrête.
J'avance.




# Posté le samedi 22 août 2009 18:50

Modifié le dimanche 23 août 2009 06:29

Osef.

Osef.
Osef.
Osef.
Osef.

Finalement, je suis seule. Beaucoup plus que je ne le pensais. On est toujours seul face à ses espérances. Face à ses tourments également. J'voudrais échanger ma place, juste pour une semaine, ou même une nuit. J'ai parfois envie de tout arrêter : laisser tomber, m'échapper et puis me retourner, pleurer ce que j'ai perdu avant de continuer sans toi. J'ai jamais aimé faire un choix, souvent cornélien, et je me demande si cela fait de moi quelqu'un de détestable. Aujourd'hui, je préfère la fuite au combat. Quand je vois où les batailles m'ont menée, j'ai de quoi baisser les armes. J'ai jamais été un bon soldat, je me laissais envahir par les sentiments, j'ai souvent abandonné au profit de ma propre armée. A quoi bon ? La guerre ne rime à rien, comme moi. Je ne rime plus à rien. Chou s'étiole, au gré d'une solitude envahissante. J'ouvre les yeux sur un monde différent, où personne n'a changé. Je raconte encore les mêmes conneries, je radote, je tourne en rond. Je passe constamment par la case départ, sans toucher les 20 000. J'ouvre des portes donnant sur des impasses, et ce sont les questions habituelles qui reviennent : qui suis-je ? où vais-je ? dans quel but ? pourquoi tout a foiré, pourquoi rien n'a marché ? Pourquoi est-ce que je n'avance plus ?
Pendant 2 ans, j'ai évolué, je courrais aux côtés du temps, je défiais les heures qui s'effritaient trop doucement. Je profitais de chaque instant, je savourais les minutes, les secondes, je me sentais vivre différemment. Maintenant, tout a changé. J'ai arrêté de grandir et j'ai surtout arrêté de vivre. Je cherche la raison à cette fin brutale de mon quotidien. J'en reviens à toi, et je ne comprends pas. C'était l'amour qui me rendait dans cet état ? J'ai honte. J'ai honte de moi, de mon cerveau, de mon coeur. J'ai honte de ne pas arriver à surmonter cette étape.
Putain, ça va faire un an, et j'aurais dû t'oublier, bien sûr que j'aurais dû. Bien sûr que je n'arrive pas à m'en remettre. Ca me rend dingue, j'deviens folle, et j'me ronge les sangs en essayant d'arranger les choses. J'me tue à vouloir te garder près de moi pendant que les souvenirs d'une autre histoire m'envahissent. J'me tue à vouloir te garder parce que je t'aime, et je le sais. Je suis désolée, je suis tellement désolée.
Je regrette à en étouffer. Parfois, je me souviens. Je me souviens de nos habitudes et je me demande comment j'ai pu ne pas oublier. J'en pleure encore, mais après tout, je ne suis bonne qu'à ça. J'ai la larme facile et la sensibilité fragile. Tout en moi respire un jour d'avril. J'ai utilisé différentes méthodes, rien n'a fonctionné. Désormais, je prône l'attente, lâchement. J'attends que tu daignes sortir de mon esprit, que tu ne provoques rien de plus chez moi que l'indifférence. Pour guérir, j'ai besoin de toi, de te parler, de m'expliquer. Comme c'est impossible, j'attends. J'ai toujours l'espoir que tu finisses par disparaître. J'me donnerais des baffes si ça pouvait tout accélérer, j'me fracasserais la tête contre un mur, j'me battrais à coup d'ongles, de poings, de pieds, j'me démènerais pour simplement oublier. Je n'ai pas peur d'être blessée, j'ai déjà le coeur ouvert sur une table d'opération, le scalpel présent mais la morphine absente.
Rien ne me soulage, le bonheur a déserté, la vie s'est faite la malle. J'y ai cru, tu sais, au début. Tu restes celui qui m'a troublée alors que ça n'allait plus. Et maintenant, qu'est-ce qu'on est devenus ?


# Posté le dimanche 05 juillet 2009 19:35

Modifié le mercredi 26 août 2009 16:29

Are you alive ?

From : me.
To : you.

Subject : whatever ?


Une lettre d'adieu, bourrée de regrets & d'amertume, remplie de souvenirs & d'interrogations. Je dis peut-être adieu à ce blog, mais j'en doute. J'avais simplement envie d'écrire une lettre, adressée à personne, à tout le monde, à n'importe qui. Un condensé des textes pensés jusqu'à maintenant, comme un recueil glissé dans une feuille, simplement.
Je devrais travailler au lieu de me lamenter, mais il faut croire que je suis meilleure à l'écriture de plaintes virtuelles qu'à la rédaction d'un projet professionnel. Je n'ai pas d'avenir si je ne m'accroche pas à ça. C'est la seule voie que j'ai trouvé, mais aucune envie de la nommer ici. C'est presque un secret, oui. Peu importe.
Peu importe le temps, les études, les regrets, les envies, les espoirs, les habitudes, peu importe. Peu importe que je t'énerve, que tu m'aimes, que tu me détestes. Finalement, je me fous de tout ça. Ce soir, comme tant d'autres, j'ai juste envie d'aller au fond de ma pensée.

Dans la vie, il y a des choses dont tu te souviendras toujours. Des trucs inoubliables, des blessures transformées en cicatrices, des morceaux de mémoire indélébiles. Je me souviendrais toujours de mon enfance, de mon insouciance, de ma naïveté déconcertante. J'étais en avance, mais tellement loin de la méchanceté des autres. Je l'ai appris à mes dépens, on ne reste pas longtemps innocent.
Je me souviendrais de celles que j'ai aimé chaque jour depuis huit ans maintenant. Mes plus belles années, nos rires comme des échos dans ma tête. Je me souviendrais de celles qui m'ont aidées lorsque j'en avais le plus besoin, de vraies amies, un vrai soutien.
Je me souviendrais toujours de mes folles années à jouer, nuit & jour, une drogue, un délire. Des rencontres, des surprises. Des retrouvailles. Une chance que je n'ai pas su saisir.

Je me souviendrais toujours de toi. Tu as raison, je ne peux pas te nommer. Je pense que tu n'aimerais pas voir ton nom associé à quelque chose me concernant. Celui que je considérais comme mon premier amour, tu sais, celui qui dure toujours, celui qui fait rêver même en pleine journée. Celui pour qui tu vis, tu pleures, tu manges, tu respires. Celui pour qui tu ferais tout, & même n'importe quoi. Celui en qui tu as confiance, cette confiance évidente qui t'aveugle sans un soupçon de méfiance. Cette confiance que tu n'auras plus jamais en un autre. Celui pour qui tu as envie de te battre. Je m'en rends compte maintenant, c'est un amour tellement différent, absolu, tyrannique. Devenir à la merci de l'autre sans ne s'apercevoir de rien. Ne jamais oublier tes mains sur mon corps, & vouloir encore te prendre contre moi.
Cet amour là ressemble à un poison. Il est difficile de s'en détacher, & plus que tout, il est difficile d'oublier. Comme brûlée par les souvenirs, il m'est impossible de t'effacer. & j'en suis désolée.

J'y repense. J'aurais voulu que l'histoire se termine autrement. J'aurais voulu arrêter de me sentir coupable. J'aurais voulu arrêter de penser à mes actes, à mes mots, arrêter de chercher ce que j'ai raté avec toi. Je ne trouve pas & je soupçonne encore cette cécité récurrente. J'y repense. Je vais te dire : si tu étais malheureux, il fallait me quitter. T'as jamais réussi à le faire, & je me demande en quoi est-ce ma faute ? Il faut croire que j'étais le poison même de ton existence. En inspectant mes plus profondes réflexions, j'en rigole doucement. Je me rappelle certaines choses que tu m'as balancée quelques mois après. Elle est mieux que moi. Rien que cette phrase m'interpelle. C'était bas, mesquin. Irrespectueux. Je ne t'ai jamais dit qu'il était mieux que toi. A quoi bon vouloir te faire du mal ? Tout appartenait au passé. J'ai déconné, oui, je le reconnais, mais à l'inverse de toi, je n'ai jamais cherché à te blesser consciemment.

Il restera toujours des coins d'ombres à cette histoire. J'ai arrêté d'essayer de trouver ce qui me manque pour définitivement tourner la page, mais l'antidote peine à agir. L'oubli ne s'installe jamais longtemps en moi, & de toutes les choses que j'ai vécu, c'est certainement cela que je regrette le plus.

Je me souviendrais toujours de celui qui m'a sortie la tête de l'eau. Celui qui m'a fait voir d'autres horizons lorsque je n'espérais plus rien. Celui avec qui je parlais des heures sans me soucier des conséquences. Cependant, à l'instant même, tu m'énerves tellement que je n'ai aucune envie d'étaler le bonheur que j'ai pu vivre avec toi. Tu m'as prise deux fois pour une conne, alors que j'imaginais replonger dans cet état extatique d'amour brûlant. Même avec lui, je n'avais pas eu autant cette impression de me prendre une claque. Pour moi, tu es le don juan de la pire espèce, celui qui te ment en t'appelant "mon amour", celui qui ne peut s'empêcher de séduire parce qu'il a besoin d'être doté d'une certaine puissance d'attraction. Ce ne sont que des mots, oui. Tu es tout ce que je déteste parce que tu me donnes cette impression de savoir toujours mieux que tout le monde. Tu es tout ce que j'aime parce que ta confiance me fait du bien, comme ton affection.

Je me souviendrais toujours de mon opération, de ma douleur, de mes sentiments si partagés à mon retour. Je me souviendrais de ce mois d'août aux allures d'enfer, de cette fièvre infernale, de ma convalescence, de mes espérances, & cette certitude : le fauteuil roulant m'attend, maintenant ou à 50 ans, ce n'est pas important. C'est comme une échéance, & le jour où je ne pourrais plus bouger, je serais sereine. Je m'y attendais, je m'y attends, je m'y attendrais toujours.

Bonne nuit.


Are you alive ?

# Posté le mercredi 10 juin 2009 16:32

Modifié le jeudi 11 juin 2009 17:07